Budget & fiscalité

TVA sur les travaux : 5,5 %, 10 % ou 20 % en 2026

Mis à jour le 2026-07-28 · 7 min de lecture

Sur un même devis de rénovation, trois taux de TVA peuvent coexister légalement. La différence n'est pas mince : sur 15 000 € de travaux, passer de 20 % à 5,5 % représente près de 1 800 € d'écart. Savoir quel taux s'applique à quoi permet de vérifier un devis et d'éviter un redressement.

Les trois taux et leur périmètre

TauxTravaux concernésCondition d'ancienneté
5,5 %Amélioration de la performance énergétiqueLogement achevé depuis plus de 2 ans
10 %Amélioration, transformation, aménagement, entretienLogement achevé depuis plus de 2 ans
20 %Travaux assimilés à du neuf, équipements exclusAucune, taux par défaut

Le cadre juridique est fixé par les articles 279-0 bis et 278-0 bis A du Code général des impôts. La frontière entre 10 % et 5,5 % tient à un critère simple : le gain énergétique. Un équipement qui réduit la consommation relève du taux super réduit ; un équipement de confort ou un simple entretien reste au taux intermédiaire.

Ce qui relève du 5,5 %

  • Isolation thermique : combles, murs par l'intérieur ou l'extérieur, planchers bas, toiture
  • Pompe à chaleur air/eau et géothermique, y compris la main-d'œuvre
  • Chaudière biomasse (bois, granulés)
  • Chauffe-eau thermodynamique et chauffe-eau solaire individuel
  • Remplacement de simple vitrage par du double vitrage performant (Uw ≤ 1,3 W/m²K)
  • Porte d'entrée isolante (Ud ≤ 1,7 W/m²K)
  • VMC double flux
  • Entretien d'un équipement lui-même éligible au 5,5 %
Le taux réduit ne demande aucune démarche : l'artisan l'applique directement sur le devis. Aucun formulaire à remplir, aucune condition de revenu — contrairement à MaPrimeRénov'.

Les changements de 2026

Le principal bouleversement concerne le chauffage au gaz. Depuis 2026, l'installation d'une chaudière gaz relève du taux normal de 20 %, alors qu'elle bénéficiait auparavant d'un taux réduit. Seul l'entretien reste à 5,5 % ou 10 % selon la nature de l'intervention.

Conséquence pratique sur les systèmes hybrides : lorsqu'une pompe à chaleur est associée à une chaudière fonctionnant aux combustibles fossiles, la présence de cette dernière peut faire perdre le bénéfice du 5,5 % sur la partie concernée. Le devis doit alors ventiler les lignes, la prestation d'installation de la chaudière gaz relevant du taux normal tandis que les travaux de rénovation accessoires restent à 10 %.

Une chaudière gaz à condensation avait déjà perdu son éligibilité au 5,5 % depuis 2022 et se situait à 10 %. Elle passe désormais au taux plein pour l'installation. À l'inverse, la chaudière biomasse et la pompe à chaleur conservent le 5,5 %.

Quand le 20 % s'applique malgré tout

Certaines situations excluent tout taux réduit, quelle que soit la nature des travaux :

  • Logement achevé depuis moins de deux ans : 20 % systématique
  • Extension ou surélévation, assimilée à de la construction neuve
  • Travaux touchant plus de 50 % du gros œuvre : fondations, murs porteurs, charpente
  • Augmentation de la surface habitable de plus de 10 %
  • Fourniture d'équipement sans pose par la même entreprise
  • Locaux professionnels, commerciaux ou agricoles, sauf transformation en habitation
La condition des deux ans s'apprécie à la date de début des travaux. Un appartement livré en janvier 2024 ne devient éligible qu'en février 2026.

Qui porte la responsabilité ?

C'est l'artisan qui applique le taux et en répond devant l'administration fiscale. En cas de doute sur l'ancienneté du logement, il est fondé à demander le permis de construire ou à consulter le cadastre, et à appliquer le taux de 20 % par prudence.

Côté client, une attestation simplifiée doit être remise à l'entreprise pour les travaux relevant des taux réduits. Elle confirme l'ancienneté du logement et sa nature d'habitation. Conservez-en une copie : elle vous protège autant que l'artisan en cas de contrôle.

Vérifier un devis en trois points

  • Chaque ligne porte-t-elle son taux, ou un taux unique est-il appliqué à l'ensemble ?
  • Le matériel et la main-d'œuvre sont-ils au même taux, ce qui n'est pas toujours correct ?
  • Les travaux au 5,5 % correspondent-ils bien à des gestes énergétiques listés par le CGI ?

Un devis qui applique 5,5 % à des travaux de peinture ou de carrelage sans lien avec la performance énergétique n'est pas un bon signe : soit l'artisan méconnaît la règle, soit il vous expose à un redressement.

Quelle TVA pour une rénovation complète de maison ?

Plusieurs taux sur le même devis. L'isolation et le chauffage performant à 5,5 %, la peinture, le carrelage et la plomberie courante à 10 %, les éventuelles extensions à 20 %.

La TVA à 5,5 % est-elle soumise à condition de revenus ?

Non. Contrairement à MaPrimeRénov', elle est ouverte à tous : propriétaires occupants ou bailleurs, locataires, SCI, syndicats de copropriétaires.

Quelle TVA pour une chaudière gaz en 2026 ?

20 % pour l'installation depuis 2026. L'entretien reste à 5,5 % ou 10 % selon l'intervention.

Puis-je bénéficier du taux réduit sur une résidence secondaire ?

Oui, dès lors qu'il s'agit d'un local à usage d'habitation achevé depuis plus de deux ans.

Que se passe-t-il si l'artisan applique un mauvais taux ?

L'administration peut réclamer la différence. La responsabilité incombe à l'entreprise, mais une facturation erronée à laquelle le client a contribué peut engager sa solidarité fiscale.

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